Le Coquelicot (Papaver rhoeas) est une plante herbacée annuelle de 60 cm de haut environ, indigène, champêtre et très commune, probablement originaire d'Afrique du Nord et appartenant à la famille des Papavéracées. On doit son nom à l'ancien français coquerico qui désignait par onomatopée le coq, parce que le rouge du Coquelicot évoque la crête de cet animal. Il possède d'autres noms tels que pavot-coq ou pavot des champs car on le trouvait souvent dans les prairies fleuries aux cotés du Bleuet. Papaver signifie bouillie car on faisait des bouillies pour enfants avec les graines et les fleurs de Coquelicot.
Le Coquelicot possède une tige dressée et ramifiée portant des feuilles bien découpées, pennées, alternées et velues dans lesquelles coulent un latex blanc. En début de floraison, les tiges florifères dressées se terminent par unbouton floral vert clair mat et velu, orienté vers le bas. Il se redresse ensuite en une fleur solitaire composée de 4 pétales de couleur rouge écarlate qui se chevauchent. Chaque pétale porte une tâche noire à sa base. Le rouge vif de sa fleur contraste avec un cœur d’étamines noir. Le Coquelicot peut fleurir de mai à septembre. C'est une fleur mellifère. Les fleurs fécondées donnent des fruits, des capsules qui laissent échapper de nombreuses petites graines brunes, disséminées par le vent et qui peuvent rester en dormance durant une décennie dans les sols. Un pied peut produire jusqu'à 50 000 graines de Coquelicot. Il peut donc potentiellement devenir envahissant.
C'est une plante dite messicole, c'est-à-dire qui suit les moissons et qui pousse sur les terrains qui ont été travaillés, remués. Pendant très longtemps en effet, le Coquelicot a suivi les cultures de blé en plein champ avec lequel il rentrait en concurrence en terme de rendement pour les blés dit d'hiver. Si bien qu'avec l’avènement des cultures intensives, le Coquelicot, considérée comme une mauvaise herbe, avait disparu. Il est de retour dans les champs, avec l'orientation de nouvelles pratiques agricoles, et aussi du fait qu'il soit devenu résistant à de nombreux herbicides. On le trouve également aisément dans les remblais, les terrains vagues, les jachères ou sur les bords de chemin en marge des champs de céréales.
On récolte les pétales rouges juste avant leur épanouissement. Ils sont cueillis à la main, par beau temps, aux alentours de midi. Les fleurs sont frêles et éphémères et nécessitent donc beaucoup de délicatesse durant la cueillette. On les fait sécher en couche mince à l'ombre dans un endroit chaud, sec et aéré, sur un drap tendu ou sur un grillage. En séchoir la température ne doit pas dépasser 35 degrés. Une fois séchés, les pétales sont conservés dans l'obscurité dans des étuis fermés.